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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 17:33

Je me réveille tranquillement avec, à mes côtés, Pierre. Hier, j'ai coupé ses cheveux. Non pas que je ne souhaitais pas conserver ses cheveux longs, mais ceux-ci commençaient à s'abîmer. Au japon, lorsque l'on se coupe les cheveux, c'est symbole d'une nouvelle vie qui démarre. J'avais acheté, pour cet effet, une paire de ciseaux dentelés, idéale pour désépaissir les cheveux, encore dans un de ces magasins à cent yens : hyaku en shop. Nous sommes donc allés dans le salon de la guest house pour que je lui enlève au moins cinq centimètres de cheveux par endroit. Les japonaises me regardaient faire avec surprise, elles qui avaient vu Pierre arriver avec les cheveux longs.

Pierre est bien arrivé, le 29 février dernier à Yôkôdaï (prononcez Yookoodaï). Il est arrivé depuis l'aéroport de Narita, tout seul, comme un grand, à l'heure au rendez-vous, 12h30.

Cet après-midi nous partons vers la gare de Yokohama sur mon vélo que j'ai équipé de repose-pieds à l'arrière pour l'occasion. C'est Pierre qui conduit, je serais bien incapable de pouvoir conduire moi-même ce vélo chargé de nos deux poids plumes faisant au total environ 130 kilos.

Comme il fait froid, je porte sur ma tête un bonnet blanc et noir de panda que j'avais acheté il y a quelques temps lors de ma visite du quartier chinois.

Après nous être copieusement baladés près de la station Yokohama, nous décidons de rentrer. Il est 21h.

Nous traversons une route en empruntant un passage clouté à deux sur le vélo, au moment ou le petit bonhomme passe au rouge. Derrière nous, une voiture de police, aidée d'un mégaphone hurle en japonais :

"Le vélo, là, arrêtez-vous!" Je mets un temps à comprendre, le policier reprend de plus belle : "Les deux, là, sur le vélo, vous vous arrêtez !"

Je tape sur l'épaule de Pierre : "Pierre, je crois que c'est pour nous !?

- Tu rigoles !"

Les policiers nous rejoignent et nous font tout d'abord la remarque qu'il est interdit de circuler à deux sur un vélo, c'est dangereux, surtout qu'il pleut et qu'il fait nuit.

"À qui est ce vélo? Votre pièce d'identité. Où avez-vous acheté ce vélo?"

Ils semblent plus s'intéresser au trafic de vélo qu'à nous et ne demandent même pas à voir le passeport de Pierre. Puis l'ambiance se détend quand ils apprennent que nous sommes français. Le plus jeune s'exclame des noms de joueurs de foot. Ils nous demandent ce que nous faisons ici, je leur montre un flyer pour présenter mon exposition à l'institut franco-japonais de Yokohama, ils semblent ravis, demandent à Pierre sa profession. Celui-ci leur donne sa carte de visite. Nous attendons la confirmation du central comme quoi mon vélo n'a pas été volé. En attendant, nous discutons de façon très sympathique dans un anglo-japonais assez amusant.

Après l'appel du central, les policiers nous quittent en nous conseillant de faire attention en vélo. Nous suivons leur conseil en marchant pendant 300 mètres avant de reprendre notre route à deux sur la bicyclette, nous mettrons plus de deux heures à rentrer sans nous perdre.

 

Sur la route, j'imagine la tête des policiers nous voyant débouler devant leur voiture une heure auparavant : "Un panda et un homme à vélo grillent un feu rouge !" C'est assez drôle en fait.

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Published by Yanou - dans Yokohama
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